La cité au bord de la mer

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La cité au bord de la mer
Dans les années 80, avec l’association « Place de La Lune » de Patrick Martinenq, Patrick Gabrielli avait réalisé une belle exposition de tableaux à l’encre de chine « Sicié terre d’inquiétude ». Dans les paysages de Fabrégas et du Cap Sicié, il introduisait les créatures étranges et inquiétantes de la mythologie de H. P. Lovecraft. Ainsi, il transfigurait un décor, déjà naturellement extraordinaire. Et j’y voyais une volonté de donner de La Seyne, à travers un de ses quartiers exceptionnels, une image moins banale, le leu de l’imaginaire et des symboles.
Cette exposition m’a inspiré le thème de « La cité au bord de la mer », récit fantastique, récit d’épouvante, à travers lequel sont revisitées les vieilles légendes de ce coin de Provence, revisitée et complétées par l’irruption de la mythologie de Lovecraft.
Patrick Gabrielli a assisté à la gestation de ce livre. Il a même composé une bonne trentaine de pages. Mais tout le reste est aussi le fruit de longues discussions, d’échanges que nous avons eus sur notre centre d’intérêt commun, les complexités de la littérature fantastique.

Le regard porté sur le passé par la jeune Sondra bouleverse totalement l’image et l’histoire de La Seyne. Le récit tourne, alors, autour de l’évolution des rapports entre La Seyne et la mer.

EXTRAIT :
« Sondra a écouté attentivement. Mais comme dans un rêve. Légataire universelle…Mais l’oncle Jean, comment pouvait-il être aussi riche ? C’était la brebis galeuse de la famille. Depuis longtemps, la mère de Sondra ne l’invitait plus. « Toujours mal rasé, mal habillé. En pleine rue, un étranger lui donnerait la pièce. Et quand il vient à la maison, on dirait que c’est lui qui nous fait l’honneur de sa présence… » et, à voix plus basse, Mme Rossi ajoutait : « Et puis on ne sait pas comment il vit. Des petits trafics, des choses pas nettes, à ce qu’on dit… » Et le père approuvait : quand on est fonctionnaire aux contributions d’état, on ne peut se permettre de fréquenter n’importe qui. Et le reste de la famille qui faisait chorus. Il n’en fallait pas plus pour que, très tôt, la petite Sondra se prenne de sympathie pour cet oncle éloigné, aux petits yeux pleins de malice. »
Editions Points de Vue 2006
20 €
Editeur : Editions Point de vue